Articles sur l'histoire de notre région et de la ville de Triel.

Après la Grande Guerre, le conseil municipal de Triel décide d’honorer les combattants et notamment les Triellois morts au combat.
C’est ainsi que leurs noms sont donnés à certaines rues de Triel

Le 26 juin 1916, Mr Le Maire de Triel propose au conseil de donner à une rue de la commune le nom du Général Gallieni, défenseur de Paris, afin d’honorer sa mémoire.
Après plusieurs propositions, le conseil décide que la rue de Bellevue portera désormais le nom de rue du Général Gallieni et prie, Monsieur le Préfet de bien vouloir accepter la présente délibération.

Le 13 février 1926, le maire de Triel donne lecture d’une lettre de la section de Triel de la « Ligue des Droits de l’Homme » qui estime que le conseil municipal, en attribuant un nom de rue à Adolphe Henri Durel rendrait hommage aux instituteurs, tombés en grand nombre sur le champ de bataille et qu’ainsi plusieurs conseillers municipaux actuellement en fonction, rendraient également hommage à un ancien collègue.
D’autre part, elle fait respectueusement observer que, presque toutes les communes environnantes ont donné à une de leurs rues le nom de leurs enfants tombés au champ d’honneur.
Par 11 voix contre 8, le conseil décide de donner le nom d’Henri Durel et celui de six familles de Triel, les plus cruellement éprouvées par la guerre, aux rues nouvellement créées.

Le 12 novembre 1927, la commission accepte la nomination des rues ci-après :

ID565 01 Place Corroyer ID565 02 Rue general Gallieni

 


Le chemin des Baigneux est renommée Rue Fleury, en l’honneur de :

- Camille Fabien Fleury, né le 5 avril 1894 à Triel sur Seine. Caporal au 160e Régiment d’Infanterie. Disparu le 23 mai 1915 à Neuville St Vaast (Pas de Calais). Déclaré, décédé par jugement déclaratif de décès rendu par le tribunal de Versailles en date du 5 février 1921. Décès fixé au 23 mai 1915.
- Gabriel Alfred Fleury, né le 8 mars 1897 à Triel sur Seine. Caporal au 35e Régiment d’Infanterie. Tué à l’ennemi le 26 septembre 1918 à la butte de Tahure (Marne). Inhumé sur place.

La place de la fête à L’Hautil est renommée Place Sudrot, en l’honneur de :

ID565 Rue Martin devenue rue des Frères Martin

- Lucien Louis Sudrot, né le 6 février 1895 à Triel sur Seine. Caporal au 53e Régiment d’Infanterie Coloniale. Disparu le 25 septembre 1915. Décédé le 27 septembre 1915, des suites de ses blessures à Bussy le Château (Marne)
- Lucien Edmond Sudrot, né le 23 avril 1871 à Triel sur Seine. Soldat au 40e Régiment d’Infanterie Territoriale. Décédé le 27 octobre 1916 à l’hôpital d’évacuation n°18 à Hargicourt (Somme), suite de blessures de guerre (éclats d’obus).
- René Sudrot, né le 7 octobre 1894 à Triel sur Seine. Soldat de 2e classe au 156e Régiment d’Infanterie Territoriale. Tué à l’ennemi le 3 octobre 1915, à Minaucourt (Marne)

La place de la fête à Pissefontaine est renommée Place Corroyer, en l’honneur de :

- Charles Isidore Corroyer, né 19 février 1893 à Triel sur Seine. Soldat de 2e classe au 167 Régiment d’Infanterie. Tué à l’ennemi le 25 septembre 1915, devant Saint Thomas dans la Marne.
- Félix Eugène Corroyer, né le 24 décembre 1893 à Triel sur Seine. Soldat de 2e classe au 167e Régiment d’Infanterie. Tué à l’ennemi, le 30 mars 1915 au combat de Bois-le-Prêtre en Meurthe et Moselle.
- Jules Henri Corroyer, né le 15 octobre 1889 à Triel sur Seine. Caporal au 119e Régiment d’Infanterie. Décédé le 29 septembre 1915 de ses blessures de guerre à Deauville dans le Calvados

Le chemin des Hublins est renommé Rue Martin, puis avenue des Frères Martin le 14 avril 1928, en l’honneur de :

- Lucien Henri Martin, né le 10 mars 1891 à Triel sur Seine. Soldat de 2e classe au 39e Régiment d’Infanterie. Tué à l’ennemi au combat de Cauroy les Hermonville, bois du Luxembourg (Marne)
- Georges Emile Martin, né le 13 décembre 1887 à Triel sur Seine, Soldat de 2e classe au 39e Régiment d'Infanterie. Mort au combat, le 4 avril 1916 à Douaumont, dans la Marne.

Chemin du Perray est renommé rue Laisné, en l’honneur de :

- Alphonse Emile Eugène Laisney, né le 11 mai 1890 à Montmartin en Graignes (Manche). Soldat au 13e Régiment d’Artillerie de Campagne de Caen. Décédé de la suite de ses blessures de guerre, le 18 juin 1915 à Habarcq (Pas de Calais).

ID565 03 Rue DurelLe chemin des Groues est renommé rue Henri Durel, en l’honneur de :

- Adolphe Henri Durel, né à Montebourg. Instituteur à Triel sur Seine. Chevalier de la Légion d’Honneur. Sous-lieutenant au 146e Régiment d’Infanterie. Décédé le 18 mai 1917 au combat d’Ostel, dans l’Aisne. Décoré de la croix de guerre.
Citation à l’ordre de la brigade n°56 du 6 juin 1917.
« Officier très brave qui est tombé glorieusement en conduisant sa section à l’attaque du 17 mai 1917. »

Le 19 novembre 1927,
Dans sa séance du 12 novembre courant, le conseil n’a donné que 5 noms au lieu de 6 ; une famille ayant été oubliée, il propose de donner le nom de Corouge, deux frères ayant été tués à la guerre au viaduc du chemin de fer.

Viaduc du chemin de fer est renommé Rue Corouge, en l’honneur de :

- Emile Yves Corouge, né le 22 mars 1881 à Triel sur Seine. Sergent au 1e Régiment de tirailleurs Marocains. Tué à l’ennemi, le 30 septembre 1918 à Ventelay, dans la Marne.
- Victor Roland Corouge, né le 1er mai 1882 à Triel sur Seine. Soldat de 2e classe au 39e Régiment d’Infanterie. Tué à l’ennemi le 2 octobre 1915, à Neuville Saint Vaast, dans le Pas de Calais.

 Le 29 octobre 1929, le conseil municipal se réunit et délibère au sujet de la manière d’honorer les 85 jeunes Triellois tombés sur les champs de batailles. Douze d’entre eux ont eu leur nom attribué à six rues nouvelles en raison du double deuil de ces familles, il en reste donc encore 73 à honorer : combien faudra-t-il de temps pour qu’ils aient tous reçu l’hommage auquel ils-ont droit ? Un siècle ne parait pas suffisant, car il ne surgit pas de rues nouvelles comme des champignons dans les bois.
D’autre part, lorsqu’on attribuera le nom d’une rue à l’un d’eux, que diront toutes les autres familles, de la préférence accordée à l’une d’elle plutôt qu’aux autres ; n’y aura-t-il pas là des sujets de mécontentement et de discorde ?
Pour éviter ces complications, pourquoi ne donnerait-on pas à une seule voie importante (La Ravinière, par exemple, qui est appelée à devenir l’artère principale des voies du coteau) le nom d’ « Avenue des Combattants ». A l’entrée de cette voie, serait apposée une plaque sur laquelle on graverait le nom de tous ceux qui n’ont pas encore reçu (et qui ne recevront jamais) l’hommage que l’on voudrait leur offrir ; ils se trouveraient ainsi tous réunis en un seul et même souvenir.
Le 2 mars 1930, le conseil municipal à l’unanimité moins quatre abstentions décide de donner le nom de l’avenue des combattants à l’avenue de la gare et décide à l’unanimité de ne pas donner à une rue de Triel, le nom de Georges Clémenceau.

Dominique Lemaître

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L'occupation prussienne dans le canton de Poissy (1870-1871).

 

 

Au milieu du XIXe siècle, l’assainissement de Paris devient un problème important. Les eaux usées sont emportées en dehors de la ville, en aval, dans la Seine ; mais cela crée très vite des nuisances pour les résidents, et on a même vu se développer deux épidémies de choléra dans la capitale (1865-1866). Il faut épurer les eaux, la solution choisie est l’épandage, c’est-à-dire épurer les eaux d’égouts au travers d’un sol perméable cultivé.
Le réseau collecteur est réalisé par Haussmann en 1853 et par Belgrand en 1856. Les réseaux d’eau potable et non potable sont séparés dans les réservoirs de Ménilmontant et de Montsouris.
Les premières expériences d’épandage se font à Clichy dès 1864, puis à Gennevilliers en 1870 et Asnières, et enfin, dans la plaine d’Achères en 1875. Les diverses polémiques à propos de l’épandage freinent le traitement des eaux usées (craintes des odeurs et des maladies).
En 1889, une loi d’utilité publique permet de réaliser des travaux d’adduction à Achères. Dans le même temps, la plaine de Gennevilliers apparaît alors aux agriculteurs comme une zone fertilisée par les épandages.
Le 10 juillet 1894 la loi du tout-à-l’égout permet le raccordement des immeubles parisiens. Les travaux sur Pierrelaye et la boucle de Chanteloup sont terminés en 1899. En 1900, la Seine ne sert plus de déversoir pour les eaux d’égout. Mais rapidement les volumes des eaux usées augmentent, il va donc être nécessaire d’adjoindre une autre méthode à celle de l’épandage : l’épandage biologique.
La première station de ce type est construite à Achères en 1925, et elle entre en service en 1940. En 1970 le SIAAP (Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne) est créé.

L’organisation

ID534 01 EPANDAGE RESEAU BOUCLE CHANTELOUPLa ville de Paris possède des terrains sur lesquels sont gérés des « fermes de la ville de Paris ». Les exploitants sont salariés par elle. A côté de ces terrains on trouve des terrains qui appartiennent à des agriculteurs indépendants.
Un réseau de 250 km de canalisations secondaires répartit les eaux à partir de l’émissaire principal. Des vannes permettent l’écoulement des eaux pour l’irrigation.
Distribution de l’eau :
D’après la loi du 4 avril 1889, il ne peut être déversé plus de 40 000 m/cube par hectare et par an. Or l’eau distribuée ne peut l’être de façon régulière : beaucoup de besoin en été, réduit au printemps et en automne, nul en hiver, du moins pour ce qui concerne les cultures maraîchères et fruitières. L’eau n’est pas distribuée continuellement, mais de façon intermittente sur 3 jours puis 4 jours dans les années 1950.


Équipement de la Boucle de Chanteloup

Sur la zone Carrières-Triel, on trouve 950 hectares de terrains irrigables, dont 100 propriétés de la ville de Paris, sur le territoire de la ferme des Grésillons. Les canalisations atteignent plus de 46 km.
Cette irrigation est attendue avec impatience : il faut rappeler que les terrains du secteur sont pauvres dans la plaine, et sur le coteau la vigne est dévastée par le phylloxéra en 1899 Avant l’épandage, la vigne et les arbres fruitiers (abricotiers, cerisiers, puis pruniers, pommiers et poiriers) faisaient vivre l’agriculteur. La vigne disparaît, puis les arbres fruitiers connaissent la concurrence des récoltes du Midi et de la vallée de la Loire. Les paysans s’adaptent, ils changent leurs cultures et entreprennent le maraîchage, poireaux, céleri-rave, choux-fleurs, pois, pommes de terre.... On ne doit cultiver que des légumes qui seront consommés cuits : les légumes ne doivent pas être en contact avec l’eau, on n’arrose pas, on « mouille» la terre et la parcelle est sculptée pour permettre le mouillage, c’est-à-dire qu’on prépare la terre pour former des rigoles (creux dans lesquels l’eau s’écoule) et les billons, buttes sur lesquels les légumes poussent sans être en contact avec l’eau.
Les agriculteurs ouvrent et ferment eux-mêmes les vannes, surveillent l’écoulement de l’eau, enlèvent les mottes de terre qui gênent son passage... Le mouillage des terres réclame de longues heures de présence sur les parcelles.
L’eau dégage quelquefois une odeur nauséabonde, mais pas plus forte que l’odeur répandue par les boues de compostage. Cela était particulièrement net après l’hiver quand les eaux usées avaient stagné dans les émissaires. Aujourd’hui, l’interdiction de cultiver sur ces terrains fait sourire nos anciens, mais les réglementations changent et il est impératif de les suivre.

Danièle Houllemare


D’après « Un siècle d’épandage dans la Boucle de Chanteloup, étude de la société paysanne et du parcellaire agricole » par Gwenhaël Bonté, Maîtrise d’aménagement ; septembre 2002.

Cette visite guidée est possible grâce aux inventaires après décès

Les inventaires après décès étaient très courants, dans tous les milieux, aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ces documents étaient établis par un notaire à la demande du conjoint survivant et avaient pour finalité de protéger les droits des enfants mineurs.
Dans un premier temps, des scellés étaient apposés sur la maison du défunt.
Ensuite, le notaire y retournait, accompagnés de deux voisins, appelés en qualité de témoins. Une troisième personne était chargée de lui présenter les objets, constituant les « biens et effets » du défunt afin de les évaluer.
Le greffier sortait de son nécessaire de campagne, sa plume et son encrier et notait sur des feuilles de papier timbré le contenu de l’inventaire. Le notaire, suivi des témoins et de la famille parcourait la maison, pièce par pièce, du grenier à la cave, dans la cour et le jardin ainsi que dans les dépendances....

Entrons dans la maison d’Antoine Vallin, vigneron à Triel, lieu-dit Le Perray

A la requête de Marie Jeanne Prévost, veuve en 1ère noces d’Antoine Richardière et en 2e d’Antoine Vallin, demeurante à Triel, tant en son nom, que comme tutrice de Geneviève Vallin (2 ans et demi) et Jean Vallin (14 mois), enfants mineurs de la comparante et de feu Antoine Vallin, est effectué l’inventaire après décès des biens du défunt, le 22 mai 1773.

Inventaire de la maison où demeure la dite veuve, sise à Triel, lieu-dit Le Perray, au fond d’une cour.

  • Dans une chambre au premier étage, ayant entrée par la cour :

Premièrement, au foyer, une pelle, une pincette, 2 chenets, un garde cendre, une crémaillère, deux marmittes avec leurs couvercles, trois poilles à frire, le tout de fer, 2 fers à repasser, ...prisé et estimé à 5 livres.
Item, 2 chaudrons, un autre chaudron, un poêlon et sa cuillère, 2 écumoires, un couloir à passer le lait, 1 bassinoire, le tout de cuivre jaulne, un coffret à pierre à éguiser, ...prisé et estimé à 18 livres.
Item, un porte vaisselle de bois blanc .... bas d’armoire en bois de chêne fermant à 2 batans....prisé et estimé à 3 livres.
Item, 32 pièces de poterie tant terre que gray, 9 bouteilles de gros verre, 6 assiettes, 2 saladiers, un pot à lait de fayance....prisé et estimé à 3 livres.
Item, 40 livres d’étain commun en plats communs, assiettes, pintes, chopines et autres instruments de mesure....prisé et estimé 11 sols la livre, .....22 livres.
Item, 2 chandeliers de cuivre, une écuelle d’étain, 2 couvercles de fer blanc, une cuillère à pot de bois, un chandelier de fer, un grugeoir ( ?), un petit miroir de toilette, un sieau ferré, un farinier, un panier dosier, un saladier, 4 chasserons....prisé et estimé 5 livres.
Item, une huche de bois blanc garni d’un couvercle de bois blanc, une petite table sur son châssis carré, 4 chaises, une échelle, un vieux petit coffre vermoulu, .....prisé et estimé à 6 livres.
Item, une couchette de bois blanc, une paillasse, un lit et un traversin et oreiller de coutil remplis de plumes communes, 2 draps de un lait et demi chacun de toille de ménage, une couverture de laine blanche.....prisé et estimé à 26 livres.

  • Dans une chambre à côté de celle cy, cy dessus.

Item, 2 coffres de bois de noyer garnis de leurs couvercles, un autre coffre bahu couvert de cuir, un saloir, un farinier, un vieux fauteuil couvert de tapisserie.....prisé et estimé à 16 livres.
Dans les dis coffres se sont trouvés les effets suivans :
Un habit, une veste de sinchina, un vieux habit de drap bleu, 3 vieilles culottes de panne, une petite veste drap sans manche, un habit vert et culotte de serge, une culotte de panne bleu, un habit une veste de drap bleu, un habit et une veste de drap maron...prisé et estimé à 78 livres.
Item, 2 gilets couverts d’indienne, 3 paires
De bas de laine, 2 têtes de capottes, 4 chenets, un soufflet, une crémaillère et un gril....prisé et estimé à 6 livres.
Item, un casaquin de crépon, un jupon de serge, tablier de crépon, un jupon et un tablier de popeline, un casaquin et jupon de serge noire, un tablier de toille rayée, un casaquin et tablier de demy crépon, un autre casaquin aussi demy crépon, un tablier de toille de cotton rayé rouge et blanc, un tablier d’étamine noire, un tablier de cotton rayé bleu, un casaquin de toille de cotton, bi jupon ( ??) de flanelle, un casaquin de tordoir ( ??), un jupon de grosse serge rouge, un gillet de motton.....prisé et estimé à 80 livres.
Item, 15 draps de toille de ménage d’un lé et demy chacun.....prisé et estimé à 37 livres.
Item, 2 nappes, 5 serviettes.....5 livres.
Item, 18 chemises de grosse toille neuve à usage d’homme, 10 autres chemises d’homme de, 3 chemises de toille blanche...prisé et estimé à 24 livres.
Item, 12 chemises à usage de femme, 2 serviettes, 5 paires de vieux bas de cotton....prisé et estimé à 18 livres.
Item, 50 pièces de menu linge de tête de femme, 3 mouchoirs de mousseline, 2 coffres de nuits, 12 cols....prisé et estimé à 23 livres.
Item, 10 autres pièces de menu linge de tête de femme, 2 autres cols.....5 livres.
Item, une armoire de bois de noyer fermant à 2 batans et à clef dans laquelle sont renfermés le linge cy dessus invotoriés.....prisé et estimé à 24 livres.
Item, une couchette à bas pilliers, une paillasse, un lit et traversin de coutil remplis de plumes commune, une couverture de laine blanche....prisé et estimé à 24 livres.
Item, une paillasse, un lit, un oreiller de coutil remplis de plume, traversin pareil, une housse de lit de grosse serge rouge....prisé et estimé à 15 livres.
Item, 5 tringles de fer et un casaquin de serge noire, un paquet de chifon, un vieux habit de fort... ?, un chapeau ...,...prisé et estimé à 6 livres 10 sols.

  • Dans un cellier sous les dittes chambres.

Une cuve contenant dix muids noix et cerneaux ...prisé et estimé avec la planche et sa coche à la somme de 40 livres.
Item, 3 tonnes sept demy muids et un quart futaille gueule bée, 4 paires de bachoux, une couchette à haut pilliers vermoulus...prisé et estimé à 13 livres.
Item, une vieille huche et un vieux coffre, 46 fagots, 100 fouées de sarment, 3 joyaux et 2 houes, une grande échelle....prisé et estimé à 14 livres.

  • Dans la cave sous le cellier.

Item, 2 demy queux gueule baye, 2 petis caviers, une serpe, un fourgon et une pelle, un vieux siau..... prisé et estimé à 6 livres.

  • Dans l’écurie au fond de la cour.

Item, une vache sous poil rouge vide de veau âgée de 5 ans....prisé et estimé à 40 livres.
Item, un cheval entier sous poil noir hors d’âge....prisé et estimé avec son enharnachure à 20 livres.

  • Dans un grenier au-dessus.

Item, 14 gerbes de paille longue et 7 gerbes de paille de bleds....prisé et estimé à 8 livres.

  • Labours et semences.

Déclare la dite vigne que la dite communauté dépend 2 arpens de vignes et plusieurs pièces....prisé et estimé à 40 livres.
Item, un quartier de terre ensemencé en pois de Marly, prisé et estimé pour labour fumiers et semences à 8 livres.
Item, 40 perches de terre ensemencée en seigle, prisé et estimé le tout pour labours et semences à 12 livres.
Item, 18 perches de terre ensemencées en bleds froment et orge meslé pour labours et semences à 6 livres 12 sols.
Item, 18 perches de terre ensemencées en avoine prise et estimé pour labours et semences à 56 sols.

  • Titres et papiers.

(Liste des papiers de famille).

Sources :
Entrons chez nos ancêtres. Jean-Louis Beaucarnot. Editions JC Lattès.
AD 78 : 3E42 112 (inventaire après décès d’Antoine Vallin).

René Tanzilli  parisien de naissance, est arrivé à Triel avec ses parents en 1938. Il a gardé de très bons souvenirs de son enfance trielloise, ses copains avaient pour nom : Zeudzius, Mallasigné, Paris, Dauvergne…

 Sa vie professionnelle l’a conduit près de Lyon  et à l’occasion de la visite en France de sa fille Julia, avec son compagnon Egyptien Ahmed, (ils vivent Au Caire), il a projeté de leur faire visiter sa ville d’origine.

Après la découverte de Paris, voilà nos visiteurs arrivés à Triel.

Notre église surprend par le travail de la pierre et par son architecture particulière liée au chœur franchissant la rue ; L’ensemble est empreint de sérénité et de paix aux yeux du Cairotte habitué au bruit de la ville grouillante d’activités. Nos trois visiteurs montent ensuite vers le cimetière. Ahmed, est admiratif du site : les couleurs sont flamboyantes, les tombes et l’abondance de fleurs qui les ornent, donnent au lieu une certaine attirance : on doit avoir envie de venir ici, pense-t-il, c’est un lieu de paix et de recueillement ; en Egypte les cimetières sont tristes, le sable s’infiltre partout, les plantes sont sèches, l’endroit est terne, peu accueillant.

Puis c’est la montée vers la forêt de l’Hautil en voiture. Ahmed demande à descendre pour mieux profiter de ce qu’il découvre : il n’y a pas de forêt en Egypte… Là,  il est saisi par le calme, l’odeur du sous-bois l’étonne, il demande à s’asseoir dans l’herbe si verte, le chant des oiseaux l’enthousiasme, il pourrait lui semble-t-il, rester des heures sans s’ennuyer à regarder, écouter, explorer. Il ne connaît rien de semblable.

Vient ensuite la descente vers la carrière « La Bérangère »,  M. Tanzilli raconte alors l’épisode de la guerre en 1944,  lorsque la population trielloise s’est réfugiée là. L’évocation de ce passé l’attriste, cela a dû être une période bien difficile et marquante pour ceux qui l’ont vécue.

 Il reste maintenant à découvrir la rive gauche de la Seine ; passé le pont, ils descendent la berge jusqu’au chantier naval Mallard. Ahmed et Julia admirent les péniches amarrées le long du fleuve. Ces bateaux, ainsi que ceux qui naviguent, sont tellement différents de ceux connus en Egypte ! l’eau lui semble claire, propre … Au garage à bateaux, les gens rencontrés sont très accueillants, disponibles pour bavarder. Quelle différence avec l’ambiance ressentie à Paris ! Plus loin, un photographe réalise un reportage en souvenir d’un mariage. La scène est plaisante à regarder, avec en fond le paysage verdoyant de notre cité.

La visite s’achève. Je pense que chacun de ces visiteurs gardera un très bon souvenir de ce passage à Triel et bien qu’ils aient réalisé le même itinéraire, l’impact sera différent. Certainement qu’Ahmed se souviendra avec émotion de notre forêt de l’Hautil.

Danièle Houllemare