Triel d'hier à aujourd'hui

 

Triel s'est appelé autrefois Triellum, ce qui pourrait signifier « Trois Îles » , mais ce n'est pas prouvé.

Une voie antique, sans doute d'origine gauloise, suivait les bords de la Seine et reliait les provinces maritimes du Nord-Ouest à la capitale des Parisii. Elle franchissait le fleuve à Meulan et passait sur la rive droite, traversant le territoire de Vaux et Triel pour arriver à Poissy.

 

En 1221, Philippe Auguste déclara Triel ville affranchie. C'est de cette époque que devait dater le château détruit en 1796. Il n'en subsiste que quelques vestiges : mur d'enceinte, courtine, souterrains à plusieurs niveaux menant à l'église, à la Seine... et ailleurs.

ID36_04_rue_galandeL'église Saint-Martin date du XIIIème siècle et a été plusieurs fois remaniée ensuite. Classée Monument historique, elle possède deux particularités rarissimes : une rue, la rue Galande, autrefois Chemin du Roi, passe sous le chevet de l'église et ce chevet, renaissance, n'est pas dans l'axe de la nef gothique (XVème siècle). Rue Paul Doumer, en face de l'église, existait depuis plus de trois siècles un relais à l'enseigne de « l'Hôtellerie de l'image Saint-Martin » qui a été démoli pour faire place à la poste actuelle et dont une salle ogivale était reliée à l'église par un souterrain.

Au 139, rue Paul Doumer se trouvait, depuis 1703, le relais de la Poste aux Chevaux où bien des gens de cour et des personnages célèbres relayèrent : le prétendant au trône d'Angleterre accompagné du Duc de Warwick, Louis XV et Madame de Pompadour, Louis XVI et Marie-Antoinette, Charles X, la Reine et la Cour, la Duchesse de Berry, Louis Philippe, etc...

Beaucoup d'hôtes illustres habitèrent Triel ou y séjournèrent :

Au 134, rue Paul Doumer, la demeure du Sieur Parnajon, Prévôt du Roi au XVIIIème siècle (maison qui vient d'être abattue), fut le lieu de rencontre des Encyclopédistes et de nombreux artistes, littérateurs, philosophes, médecins et juristes : Treilhard, Tronchet, Diderot, Chamfort, Cabanis, Claude Carle et Horace Vernet, Houdon, David, etc... et puis, plus tard, Victor Hugo qui y composera un délicieux poème des « Contemplations ».

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Au 159, rue Paul Doumer, Pierrette Dufour, femme Ancelin, une des nourrices officielles de Louis XIV, se vit offrir par le Roi une maison, ainsi qu'une partie des bois de l'Hautil. Au 207, rue Paul Doumer, à la place de l'actuelle Résidence « Beau Rivage » se trouvait une vaste demeure construite au XVIIIème siècle par l'ancien receveur des finances de Louis XV, François de la Bastie. La « Belle Otéro », célèbre courtisane de la « Belle Époque », y résida de 1921 à 1926. Guy de Maupassant louait un chalet normand à proximité, ce qui lui permettait de se rendre aisément par la Seine, avec son bateau aux soirées de Médan, chez Zola.ID36_01_grande_rue

Cheverchemont, ancien hameau de Triel fut habité à la fin du XIXème siècle par l'écrivain Paul Alexis, grand ami de Zola et voisin de la villa « Les Framboisiers » où venait chaque été Jeanne Rozerot, maîtresse de ce dernier. Dans le même voisinage, Octave Mirbeau fit construire vers 1908 une maison entourée d'un jardin plein de roses et bordé de peupliers.

La Seigneurie Royale de Pissefontaine, Commune libre jusqu'en 1793, conserve des vestiges : murs d'enceinte et porche d'entrée du XIVème siècle, un corps de bâtiment de l'Hôtel Seigneurial (devenu Maison des Dames Religieuses de Poissy), Maison de la Commune, mitoyenne de l'ancien Auditoire Royal où se rendait la justice (une porte charretière du XVIème siècle existe toujours). Paul Fort, « prince des poètes » a habité Pissefontaine et écrit une ode en son honneur.

Sur la colline de l'Hautil couverte de bois, se trouve le vaste domaine du « Château de la Tour », propriété de la ville, qui a permis l'aménagement de terrains de sport et abrité l'observatoire du Groupe Astronomique des Yvelines et le « Parc aux Étoiles », animés par Jean-Paul Trachier. L'écrivain roumain d'expression française Panait Istrati habita l'Hautil de 1922 à 1927. La Chapelle de l' Hautil, don de Madame Cahen date de 1950.

Le site de Triel a inspiré bien des peintres de renom : Albert Marquet, Dunoyer de Segonzac, Meissonnier et Alfred Petit dont une toile découverte dans la maison Senet, a été restaurée par Louis Bril et orne actuellement la salle des mariages. De nos jours, plusieurs artistes ont choisi Triel comme résidence, par exemple la comédienne Denise Grey dans les années 30 et la chanteuse Véronique Samson aujourd'hui.

Des carrières de gypse furent exploitées à Triel du XVIIIème au XX siècle (à Pissefontaine jusqu'en 1943) et certaines carrières désaffectées servirent de champignonnières jusqu'en 1979. Les carrières ont servi d'abri à la population pendant les combats d'Août 1944.

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Le pont suspendu en bois mis en service en 1838 fut détruit par le génie français lors de l'invasion en juin 1940 ; il fut à péage de 1838 à 1929. Remplacé provisoirement par un service de bacs, le franchissement de la Seine est assuré depuis 1956 par l'actuel pont suspendu métallique long de 200 mètres.

Des fouilles (jusqu'ici infructueuses) ont recherché, entre l'église et la Seine, le trésor de Jacques II, dernier des Stuart. On a trouvé trace à Triel d'anciens cimetières gallo-romains et mérovingiens.

Triel est jumelée depuis 1967 à la ville allemande de Seligenstadt am Main (Hesse).

De nos jours Triel, petite ville résidentielle de l'ouest parisien, est le point de départ de nombreux randonneurs qui fréquentent le GR (chemin de Grande Randonnée). Des cartes IGN vous sont proposées au Syndicat d'initiative de Triel

 

Condensé d'après un texte de Monsieur Daniel Biget

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