Entretien de Dominique Aerts avec Marguerite Hurcet, née Hamel, 81 ans en 2013, 16 rue de Lieutenant Lecomte à Triel.

ID408-01 228-rue-Paul-DoumerJe suis née en 1932 à Triel, je me suis mariée là et je n'irai pas dans une maison de retraite (ma fille à ce qu'il faut chez elle, elle a une très grande maison en Haute Savoie) mais on ne part pas comme ça, on n'abandonne pas tout.
J'ai mes diplômes de sténo - dactylo, comptabilité; je devais rentrer chez Ford et puis, Denise et Jean Descraque, ma sœur et mon beau-frère, ont pris le magasin de journaux, au 228 rue Paul Doumer. C'était quand même un dépôt central. J'ai été les aider pendant les vacances et en ce temps-là, on obéissait à ses parents. On m'a dit « Ta sœur a besoin de toi ». Donc, j'ai été vendeuse en dépôt central de journaux. Il y avait plusieurs tonnes de journaux qui partaient. Il y avait 5 sous -dépôts.

Quand Denise a vendu, mon mari était déjà handicapé, en retraite, ma belle mère qui commençait à perdre la tête, ça ne suffisait pas pour payer une maison de retraite, j'ai travaillé presque 10 ans au centre Leclerc. Quand on veut, on peut, si on ne veut pas être aux frais de la société. A 51 ans, donc, j'ai repris du travail.
C'est ma grand-mère Louise Hamel qui a ouvert la carrière de Cheverchemont, près de la sente du Bois Roger, à Triel. On peut même lire sur un plan versaillais « le tournant Hamel ». Vu le nombre d'accidents dû au tournant, nous avons souvent servi d'infirmerie. Dans le coin, il n'y avait que l'hôpital de St Germain, Poissy n'existait pas. Un livreur de charbon, M Marécaux, en descendant la côte, a loupé son tournant et le camion a versé dans le fossé. C'est un arbre qui lui a traversé le ventre. Les ouvriers ont coupé l'arbre sur la table de la cuisine. Ils n'ont pas pu le sauver. Il a fallu attendre que l'hôpital de St Germain envoie des secours, il n'y avait pas de pompiers sur place et de toute façon il était mort sur le coup.

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Quand ma grand-mère a créé la carrière de Cheverchemont, son mari était déjà décédé. Ma grand-mère Hamel avait trois enfants (deux filles et un garçon). Mon père est natif d'Evreux. La famille Hamel avait une entreprise à Evreux. Cette entreprise a construit la mairie d'Evreux, on peut y lire « Hamel Parvery ». Ils viennent de Normandie, les Hamel, c'est Normand. Mon père a remplacé sa mère dans la carrière mais ila du la vendre et il a essayé de travailler après dans le bouchonnage et la verrerie.
On extrayait le gypse et le plâtre qui était cuit pour fabriquer des carreaux de plâtre ou réduit en poudre et mis en sac pour la construction.

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La carrière de Cheverchemont s'appelait la Bérangère, son entrée était à côté de l'actuel domaine de Cheverchemont. Il y avait une autre entrée, uniquement à pied, ou avec une petite charrette. On ne la voit plus maintenant.
Il y en a une autre entrée, à l'angle de la rue des Bois et de la rue des Beauregards, dans le coin il y a une très belle maison avec un petit kiosque : de la cuisine, on descendait aux carrières !

Ensuite, qu'est- ce qui s'est passé ?
La carrière de Cheverchemont n'a pas fait faillite du tout. Sur la demande de la sœur de mon père, la carrière a été vendue pour la succession. C'est une chose banale. Ma tante s'est rendu compte après, du mal qu'elle avait fait. Comme mon père était un grand gazé de la guerre de 14, ses artères se desséchaient et il a eu un choc. De toute façon, en rentrant de la guerre, mon père a été, comme on l'appelait à ce moment-là, « aux eaux », de nos jours on dirait en cure. Ç a n'a pas été un épisode facile.
Les carrières de Cheverchemont et les garages ont été vendus à Mr Duroselle, champignonniste - il y mettait ses camions et ses frigos- et tous les bâtiments et l'usine vendus à l'Union Industrielle, à Paris. On ne comprend pas que tout soit resté à se délabrer. On a volé des moteurs, ça a été squatté. Ces maisons rachetées par l'Union Industrielle ont été revendues aux locataires. L'Union Industrielle s'est déchargée de tout. Ma mère, gérante, avait pour rôle de surveiller les éboulements et André, mon mari a aidé. Mr Ciza faisait les panneaux « interdiction risques d'éboulements ». Les carrières faisaient travailler beaucoup de monde. Mr Duroselle a repris une bonne moitié du personnel. Mais moi, je n'ai pas connu. C'était dans les années 1932. Elle était en pleine croissance cette carrière; ça allait très bien; il y avait certainement plus de 100 personnes. Les familles Faye, Paulin, Frayé ; tout ça travaillait à la carrière ainsi que les familles Cuisinier, Demeure et même Mr Fontaine.

ID408-04 carrière-HamelSur cette photo, figurent, à gauche, les maisons des familles Guerbet, Hebert et Sudrot (il y en a d'enterré à Triel) et à droite, on ne la voit pas, celle de Tissier située dans la ruelle Corneille. La maison de Venon a été aussi construite par mon père. Je peux dire qu'ils ont fait abattre toutes ces maisons sauf celle des Venon qui a eu droit à des travaux. De cette maison, de la cuisine on descendait aux carrières. C'est toujours pareil, les pistonnages. La maison où je suis née, la mairie voulait aussi la faire abattre. Heureusement que ma mère avait gardé les plans du sous-sol, elle a été sauvée.
L'exploitation de la carrière a duré jusqu'en 1985. L'Institution St Joseph a été rasée, ça n'est pas « fouillé » en dessous, mais pleins de sources. Ils les ont déviées. Il doit y avoir des maisons humides parce qu'il y avait une piscine avec de l'eau qui venait de la carrière et toujours à une température adéquate.
D'autre part, sous l'institution St Joseph, domaine de Cheverchemont maintenant, il y a un passage à hauteur d'un homme. Mon père l'avait fait creuser uniquement aux ciseaux. Donc il ne risque rien. Mais on ne peut plus rentrer, c'est interdit. Tout a été bouché.

Nos anciens avaient mis la rue du Général Leclerc et ses alentours, zone de reboisement. En 1962, on n'avait pas le droit de faire construire. Maintenant, vous avez 50 pavillons qui sont sur les passages des carrières entre la route de l'Hautil et la rue des Bois.
Ma mère a vendu sa maison - pour en acheter une rue de la Gare - et son hectare de terrain comme étant en zone de reboisement donc non constructible. En effet, Mr Bailleul, le directeur du Port Marron (ou son neveu) voulait faire monter, sur une parcelle du terrain, un petit chalet pour venir le week-end et la mairie le lui a refusé. Deux mois et demi après la vente de la maison et terrain, la zone de reboisement a été supprimée !
Un adjoint au maire qui avait besoin de dividendes pour installer son fils, dans le Vexin a fait déclasser la zone boisée et dans ce qui était son verger, il y a maintenant 3 maisons.
Alors ma mère est descendue voir le maire, M Champeix, elle a été quand même spoliée. Il ne savait plus que dire, il était très ennuyé. Il ne s'est pas rendu compte du mal qui avait été fait et l'adjoint qui était là, a dit à ma mère : « Qu'est-ce que je peux faire ? » mais quand c'est parti, c'est fini ! Avec cet adjoint, mon père et son père étaient très amis.
A cet adjoint, je lui ai dit : « De ce jour Monsieur, je ne vous connais plus, je vous méprise pour ce que vous avez fait. » car 50 pavillons sont construits sur des passages de carrière ainsi que 2 routes, de la rue de l'Hautil à la rue des Bois.
L'adjoint en charge de l'urbanisme de ces dernières années continue à donner des permis dans des zones fouillées. Il a donné 9 permis de construire dans le rue des Beauregards. J'ai été le trouver, je lui ai dit « c'est fouillé », il a dit « non, non, peut-être mais prouvé le moi ». Qu'est que je peux prouver, ce ne sont pas les carrières de mon père. Il y a déjà 2 maisons qui sont descendues. Les plans datent de 1700, à ce moment-là, il n'y avait pas de carrières bien évidemment.
Mais mon voisin, un retraité des assurances AGF a dit c'était fouillé. Malgré tout, ils ont fait la route, les trottoirs, ils ont mis le gaz. L'assureur pour garantir le promoteur avait effectué des relevés et c'est creux. Et depuis, ça fait un an, je surveille.

Pour en revenir aux carrières, en 1931 - 1932 mon père n'avait plus rien à Triel, mais il avait ouvert des carrières à Jouy, plus exactement à Ecancourt qui doivent toujours exister. (Il y a eu des erreurs d'écrites dans le livre de MM Beaujard et Biget).
Ces carrières fonctionnaient très bien. A Ecancourt, il y avait 16 locataires, pour lesquels il a aussi construit des maisons.

Les carrières dites du Port Marron ont été ouvertes à Vaux. C'est, cette société qui a fait tout le mal des Bois de l'Hautil. Avant le rachat par mon père des carrières d' Ecancourt, pour créer ses puits, le Port Marron lui avait demandé de s'investir dans ce rachat. Il n'a jamais voulu parce que depuis 1918-1920, déjà, cette entreprise faisait sauter à la dynamite et c'est pour ça que le terrain descend petit à petit. Pour mon père, c'était impensable, il faisait tout aux ciseaux et utilisait très peu de dynamite, seulement pour amorcer le travail.

ID408-05 Louis-MalassigneEn 1958, sous Louis Malassigné, le maire de Triel de l'époque, les dirigeants du Port Marron, sans prévenir les riverains, un dimanche matin, ont fait descendre les galeries, parce qu'ils arrêtaient l'exploitation. Comme tout communique, tout est sorti par la Bérengère, rue de l'Hautil, au niveau de l'entrée du domaine de Cheverchemont, par le puits d'aération. Ma mère m'a dit : c'est le Port -Marron qui fait descendre. On est monté face au château de l'Hautil ou château de La Tour où dans le temps, Langenove extrayait pour ses maisons, la meulière. Tous les Triellois de mon âge ont joué avec ses wagonnets et alors là, c'était l'Apocalypse, il n'y avait plus rien. Maintenant, l'entrée est interdite. C'est le Port-Marron qui a fait descendre tout cela.
Le Port-Marron était une entreprise privée, tout à fait indépendante, Mr Bailleul de Triel était le directeur du personnel de l'époque, Mr Menez était le directeur général.

J'ai passé mes deux premières années d'école, rue des Créneaux, dans l'école des filles. Comme mon père a été un très grand donateur pour l'Eglise, au décès de papa, Jeannine et moi, on a été mises à l'école Notre Dame de Triel. L'école Notre Dame, comment -a-t-elle été achetée ? Moi, je le sais. Il y a eu la salle de gymnastique créé par l'Abbé Charriot, et puis ça a été vendu pour le cinéma et a permis d'acheter Notre Dame.
Au début de l'école Notre Dame de Triel, rue Saint Vincent, (1940-1941), filles et garçons étaient ensemble car l'institut Saint Joseph, à Cheverchemont n'existait pas encore.
Je me souviens que la plus belle kermesse, c'était celle de l'institution St Joseph. Là, les Triellois montaient à pied, je n'avais jamais vu ça. Un monde fou. C'est juste après la guerre, donc les gens étaient très généreux. Toutes les sociétés avaient donné un tas de lots, ça a été vraiment formidable. Maintenant ils ne savent pas faire un pas à pied, tandis que là tout le monde était monté. Un monde fou.
Pour faire le domaine de Cheverchemont, sur l'emplacement de l'école des frères, il y avait une piscine qui était alimentée uniquement par l'eau des carrières. Tout ça, a été détourné. Le Domaine de Cheverchemont, n'est pas fouillé, il y a juste le passage d'un homme fait aux ciseaux. Donc ça ne risque pas.
L'école Notre Dame, rue Saint Vincent n'était pas assez grande et il a fallu louer une maison au bord de l'eau, 50 quai Auguste Roy, celle avec un grand escalier comme à Fontainebleau. Les sœurs étaient alsaciennes et c'est pourquoi on avait comme insigne « une cigogne ». On nous appelait « les Cigognes ».

ID408-06 les-CigognesEntre l'école Notre Dame et la maison de Mr Chineau, rue Saint Vincent, il y avait une petite mare avec des têtards. J'en avais mis quelques-uns dans l'encrier de l'institutrice et quand elle a ouvert son encrier, ça a fait des taches d'encre partout et elle a poussé des cris. C'était la directrice, Melle Dreck Rosine ... C'est elle qui a remplacé les sœurs quand elles sont parties.

Dans l'immobilier, ce n'est jamais clair. Par exemple, pour le presbytère, en 1940, l'abbé Marquer, Monseigneur Roland Gosselin et le maire, Elie Urbin ont fait un bail tout à fait grotesque. On s'en est aperçu, vers 2007, quand la salle de bain est tombée sur la tête du Père Silvano. La mairie était prête à faire les travaux, mais l'assureur, au vu du bail de 1940, a constaté que l'Eglise devait rendre le presbytère dans l'état où elle l'avait trouvé. C'est la paroisse qui a été obligée de payer tous les travaux. C'est pour ça que lui, le père Silvano a fait refaire à neuf le presbytère, ainsi que le bâtiment où habitait Madeleine Demeure, au dessus des salles de catéchisme pour les enfants, dans la cité Saint Martin. Le Père Silvano voulait habiter là et rendre à la mairie le presbytère.
Rue de la gare, à l'ancien emplacement de l'entreprise Zeutzius, avant, il y avait le cinéma et avant, c'était une salle de gymnastique : l'Avenir de Triel. La Vigilante, c'est elle qui a commencé et puis quand l'Abbé Charriot (qui repose à Triel, au cimetière) a fondé l'Avenir de Triel en 1925, tous les meilleurs éléments de la Vigilante sont partis à l'Avenir, en autres les frères Guerbet, Lefevre puis Berneau, Nico, Bernard Vallin, les frères Delforge et Latouche. Sous l'instigation de l'abbé Charriot cela représentait sur la ville de Triel, une centaine de filles et garçons.
L'Avenir a, successivement, été rue de la Gare, puis cité Saint Martin. Le transfert a eu lieu avec Jean Malassigné et l'abbé de Goascaradec et le concours des moniteurs Gilbert Rodier et Pierre Malassigné. Dans la cité Saint Martin, on avait une toute petite salle et les jours où il pleuvait, les enfants, il y avait beaucoup de garçons, étaient noirs, c'était du mâchefer, par terre. A ce moment-là, il n'y avait ni foot, ni rugby.

ID408-07 Cite-Saint-MartinA la construction du Cosec, l'Avenir a intégré ce nouveau bâtiment.
Pour les 80 ans de l'Avenir, une grande fête a été organisée et les anciens qui étaient encore présents, sont venus : Bernard Vallin, Jean Malassigné, Pierre Malassigné qui était moniteur. La Vigilante, elle a coulé, mais bien avant ce que dit le livre. (de M Beaujard et M Biget).

Après l'abbé Charriot, je crois que tout de suite, ça a dû être l'Abbé Marquer qui repose à Triel aussi, après il y a eu Hérissé qui a été doyen à Poissy. Il venait nous faire, à l'école, le catéchisme, il était un petit peu comme le père Feurgard très difficile à suivre. Après, il y a eu celui qui m'a mariée, celui qui faisait de la politique, qui était avec son scooter, le Père Guilloux, après, c'est l'Abbé Benetreau, après c'est l'Abbé de Goascaradec, après le Père Villaine, après l'Abbé Feurgard, après un an sans rien. Pendant la maladie de l'Abbé Benetreau, en 1967 – 68, deux prêtres de Paris le remplaçaient.
Je peux dire exactement la date car c'est au moment de la naissance et donc du baptême de Laurence. Ils ne venaient pas en voiture mais en train. C'était en février, il faisait très froid et le baptême a été célébré dans la crypte.
Comme dit ma fille, elle a eu 3 parrains. Le « vrai parrain » a été retardé par la neige. Comme les prêtres devaient reprendre leur train, il a fallu trouver des parrains de substitution, donc Georges Latouche qui était de Triel et à l'heure, puis mon frère qui arrivait de Bagneux a pris le relais et enfin, le vrai parrain. Dans la précipitation, les prêtres n'ont pas eu le temps de remplir notre livret catholique et l'ont emporté en disant : « on vous le redonnera, on vous le redonnera ... » mais on l'a jamais retrouvé. C'était dans les années 1968, on n'avait pas de curé ...
On a vraiment eu des curés à mi temps, celui qui est resté le plus longtemps, à qui on doit le chauffage, c'est le père de Goascaradec. Il avait de l'argent ; il en a fait profiter la paroisse c'était un comte. Le chauffage, la petite bibliothèque qui était sensationnelle. Il était illisible, on voulait lui faire faire des pages d'écritures. A la bibliothèque c'était Melle Marcelle Langlois. Il n'y avait pas de scouts, c'était les Cœurs Vaillants et les Ames Vaillantes

ID408-08 Inauguration-grandes-orguesLe dimanche 26 juin 1927, les orgues de Triel furent inaugurées. J'ai le programme. L'organiste de tous les dimanches, l'organiste titulaire était Mr Chineau et le jour de l'inauguration, c'était l'organiste de St Philippe du Roule avec la chorale de St Eustache et il y avait, même, des solistes. Les stalles autour du cœur, pour tous ces messieurs, ont été retirées pour mettre l'orgue. On ne sait pas ce que les stalles comme la chaire, sont devenues. Tout le monde a cherché.
A Triel, en bas de la rue Galande, j'étais encore aux journaux, des ouvriers étaient en train de creuser et d'un seul coup, des cris : ils ont trouvé 3 squelettes, je les ai vu. Ils ont arrêté, il a fallu faire venir des représentants de l'état, qu'on ramasse, savoir s'il y en avait pas d'autres. Des piétons passaient sous la Seine, c'était le chemin pour les pèlerinages. Il y avait deux passages, un de l'église au château et un du château aux Oiseaux, ça traversait la Seine et ça continuait vers l'église. Pour les squelettes, ils pensaient qu'ils pouvaient aller à St Jacques de Compostelle et ces gens sont morts comme ça dans le tunnel.

ID408-09 Les-Enfants-de-MarieSur la photo, de gauche à droite et du fond : G Paris, Mireille Girard Desray, G Hamel, X derrière le drapeau, Suzanne Chineau, M Hamel,
Sur le 1er rang : Monique Chevalier, B Durepaire, Jacqueline Sueur, le prêtre des Enfants de Marie, Françoise Durepaire, Elisabeth Dupuis, Mauricette Marge
La photo est prise sur le parvis d'une église parisienne, près du cinéma Gaumont qui laissait une salle au diocèse de Versailles pour la journée de récollection des Enfants de Marie.

Tu as nommé les grands familles de Triel c'est-à-dire Descraque, Latouche. Ils ne sont pas tous restés à Triel, il y en a qui ont émigré, mais ils ont habité Triel jusqu'à leur mariage.

Moi, j'ai fait partie des Ames Vaillants et des Enfants de Marie, et de l'Avenir aussi. A une réunion du MCR, (mouvement des Chrétiens retraités), il y a le Père Matthieu Berger dit :
« Les Enfants de Marie, qu'est-ce que c'est, que ça ? » Je lui ai répondu : « Vous ne risquez pas de connaître, il n'y en a plus ». Les Enfants de Marie ont été très nombreux, toutes les filles de Triel ont été Enfants de Marie. On était habillée en blanc et bleu pour les cérémonies, la jupe bleue et le béret surtout, le chemisier blanc. A mon mariage, les Enfants de Marie m'ont fait une haie, à la sortie de l'église. On avait des réunions, les Cœurs Vaillants, c'était le jeudi. Les gars étaient à St Martin et nous, nous étions à Jeanne d'Arc. Les Enfants de Marie c'était en plus.
Pour les Enfants de Marie, tout le monde allait à la messe. On était habillée que pour les fêtes de Marie ou les cérémonies. Il y avait des processions avec les reposoirs et les pétales de roses. Le reposoir qui était formidable, c'était celui au coin de Mme Marin, il y avait un très beau reposoir, en haut du cimetière, chemin des Gouillards. Mais il n'existe plus. Il n'y a plus rien.

ID408-10 Les-Ames-Vaillantes

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