Mon arrière grand-père maternel, M. Huché, était marchand de pierres meulières à l'Hautil et mon arrière grand-mère tenait une épicerie buvette charcuterie.

 

Mon grand-père maternel Gersot Léon, né en 1864, était maçon et habitait rue Trousseline, en face de chez Nénette (Madame Bardin, tante de M. Biget). Il a beaucoup construit à Triel avant 1914, avec M. Mordant, maçon rue Paul Doumer, entre autres :

  • Les maisons de la rue Gallieni,

  • Le Castelet, sur la rive gauche,

  • L'Hôtel de la Gare, qui était occupé par M. Berton. Dans cet hôtel qui faisait restaurant, on fêtait la Sainte Cécile ; parfois plus de 100 personnes étaient présentes. Cette construction est devenue depuis l'office notarial.

  • Les grandes propriétés sur la route de Vaux.

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Les échafaudages utilisés étaient impressionnants car les moyens techniques d'alors n'étaient pas les mêmes que ceux d'aujourd'hui.

Les cultivateurs qui avaient, jusque-là, exploité des abricotiers dans toutes les plaines alentour, ont commencé à vendre leurs terrains aux bourgeois argentés de Paris. Ceux-ci ont construit des maisons qui leur permettaient de venir passer week-end et vacances à la campagne.

Pour faciliter leur venue, la voie de chemin de fer a été construite et le train acheminait les voyageurs jusqu'à leur résidence. L'inauguration de la ligne a eu lieu en 1889, en présence de M. le Préfet.

 

 En 1838, un pont avait été construit sur la Seine. La maison du passeur appartenait à Monsieur Bellemère et l'une de ces nièces possède toujours les tarifs de passage qui étaient en vID46_02_pont
igueur. La rue du Pont s'appelait rue du Bac et c'était un petit chemin menant à la Seine. Il y avait une grande porte, avec une barrière et un portillon pour les piétons. Ce pont permettait d'arriver rapidement à Vernouillet.

La mairie actuelle n'existait pas encore (elle a été construite en 1858). Celle-ci, ainsi que la caserne des pompiers, étaient installées à l'endroit où nous avons aujourd'hui la place Badaire, célèbre explorateur ayant participé à la mission Marchand, qui a découvert le Tchad.

La place de la Mairie actuelle était une friche, la route principale passait sous la voûte de l'église et montait par le chemin aux vaches (actuelle rue des Bois), jusqu'à l'Hautil. Ce chemin voyait passer les bestiaux venant de Normandie pour aller alimenter le marché de Poissy.

 

De l'actuelle place Badaire partait la rue Neuve, (actuelle rue de l'Hautil). Le cimetière était à l'emplacement de la place des Marronniers et, par la rue de l'Arche, on arrivait à la Fontaine aux fées.

 

La rue du Montoir allait jusqu'à Pissefontaine et la rue du Docteur Sobaux s'appelait rue de derrière les murs.

 

Mon grand-père se souvenait des festivités à l'occasion de la fête de l'Empereur, le 14 juillet, et aussi de la guerre de 1870, qui avait entrainé l'occupation de la maison de ses parents par deux allemands. Ceux-ci étaient gentils et emmenait mon grand-père, alors enfant, dans la plaine de Poissy pour assister aux manœuvres militaires.

 

En 1870, il y eut aussi la terrible insurrection de la commune de Paris. On voyait le ciel très noir, car ça brûlait dans la capitale.

 

Mon grand-père paternel était tailleur et il s'est installé en 1910 à Triel, place de la Mairie, à l'emplacement de la première poste de Triel (à côté du Crédit Lyonnais actuel). C'est là que je suis né, le 6 novembre 1919 et j'aimerais bien vivre jusqu'en 2010, car ce serait l'occasion de fêter les 100 ans d'installation de la famille AYME, sur la place de la Mairie de Triel.

 

Je me souviens, lorsque j'avais 10 ans, être allé avec mon père à l'inauguration d'une fontaine que la Belle Otero avait offert aux triellois de son quartier, en captant une source venant de la colline de l'Hautil. Elle avait commandé la musique dont M. Prévost était le Président. Malheureusement, cette fontaine a été détruite lors de la construction de Beau-Rivage, en 1965.

 

Il faut dire qu'à cette époque, tous les triellois avaient des réservoirs et des fontaines filtrantes pour faire la cuisine, la lessive, la toilette, etc....Ma famille avait été l'une des premières à s'équiper. Cette situation a duré jusqu'à l'arrivée du puits artésien. Celui-ci à été inauguré en 1931. Le préfet Bonnefoy-Siboure s'était déplacé pour l'évènement et Papa a été décoré des Palmes Académiques ce jour-là.

 

L'électricité n'était pas encore installée et la ville était éclairée par des réverbères à gaz. Le soir, un employé venait avec une grande canne allumer les réverbères et il revenait les éteindre le lendemain matin.

 

Dans l'atelier de mon père, une lampe à gaz avec un grand abat-jour était accrochée sur une poutre en travers. Le soir, on baissait l'abat-jour afin que les ouvrières puissent travailler et, en particulier, la mère de M. Biget, qui exerçait la profession de giletière.

 

Dans la rue du Pont, on trouvait une école maternelle, sous la Mairie, et une grande école avec deux classes, mais une seule avait le gaz. Il fallait donc parfois s'entasser dans la même classe. Après la grande guerre, il y eut une troisième classe, puis deux classes dans la rue des Créneaux. La fille de M. Badaire, institutrice, enseigna à Triel et elle fut l'amie de ma mère, Madame Aymé.

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Deux entreprises d'extraction de carrières de gypse faisaient les beaux jours de la construction : elles appartenaient à messieurs Bourdet et Hamel. Des immigrés italiens étaient arrivés pour travailler. Ils descendaient la pierre à plâtre, dans des camions aux roues de caoutchouc ceinturées de bandages, par la rue du Pavillon jusqu'aux bateaux, ou bien une partie était livrée à la « cheminée » qui faisait cuire une partie du gypse pour en faire du plâtre.

 

Nous avions deux sociétés de gymnastique : « La Vigilante » et « L'Avenir ». Une formation de musique, dirigée par M. Réveillé, puis par Papa jusqu'à son décès en 1936. Elle accompagnait les gymnastes et participait à de nombreuses manifestations (La Belle Otero, etc....).

 

L'une des salles de gymnastique était située au-dessus du restaurant Esbrat (angle de la rue Paul Doumer et de la rue de l'Hautil). La seconde était rue de la Gare où, après la guerre, un cinéma « Le Familial » a fonctionné pendant quelques années avant de devenir un entrepôt pour l'entreprise de plomberie-couverture de M. Zeutzius. C'est devenu maintenant un immeuble locatif.

 

Nous avions également une salle de patronage pour les garçons. La famille Guillet offrit à la paroisse la Salle Jeanne d'Arc, ce qui permit aux filles d'avoir également leur salle de patronage car, à l'époque, les garçons et les filles avaient des activités séparées.

 

A la sortie du patronage, tout le monde se retrouvait, pour la prière, à la Cité Saint-Martin.

 

Entre les deux guerres, les affaires n'étaient pas florissantes et les seules constructions que l'on vit furent faites dans le cadre de la loi Loucheur. Rien ne marchait et la crise sévissait comme aujourd'hui.

 

Messieurs Bourdet et Hamel, les carriers, cessèrent leur activité dans les années 30. M. Bourdet n'a pas supporté la crise et s'est suicidé. Mauricette Weber a raconté que sa mère l'a trouvé avec une balle dans la tête, lorsqu'elle est arrivée chez lui pour faire le ménage.

 

Le frère de M. Bourdet, Edouard, Sociétaire de la Comédie Française, a écrit et interprété « Les temps difficiles », qui relatent cette dramatique histoire.

 

M. Auguste Roy, Maire de Triel en 1925, était le père de Madame Poher. Son mari, M. Poher, s'installa d'abord comme électricien rue Paul Doumer, puis il reprit la suite de M. Gelouin, pour gérer le Cinéma « Régional » en 1938, avec M. Forain.

 

M. Eugène Senet, parfumeur à Paris, fut également Maire de Triel de 1900 à 1906. Il fut aussi président de la Fanfare de Triel, pendant cette période.

 

 

 

 

Monsieur AYME, nous tenons à vous remercier pour votre témoignage, qui permet d'enrichir notre connaissance du passé des Triellois.

 

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