Les mystérieuses valises de M. Wall

Le hasard aida la police : un cadavre fut découvert par un pêcheur, près de Bonnières et fut identifié comme celui de Wall par un ami. Or Richard Wall n'était pas inconnu de la police et de la justice.

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En août 1929, un couple élégant débarqua d'un paquebot faisant la liaison New-York/Le Havre. L'homme, la trentaine, un chapeau mou sur la tête, donnait le bras à sa maîtresse au chic parisien que ne quittait pas des yeux un secrétaire empressé. Ils s'installèrent confortablement dans un wagon de 1ère classe et gagnèrent Paris où ils avaient l'intention de passer du bon temps : à eux les repas gastronomiques bien arrosés, les cabarets montmartrois, le shopping dans les boutiques de luxe. A Paris, ils vécurent dans différents hôtels et menèrent grande vie : madame, actrice new-yorkaise, allait d'un couturier à un bijoutier, d'un bottier à un fourreur. Monsieur, lui, faisait « des affaires » disait-il. Était-il un gangster, un planteur de café, un joueur ou un espion ? Il habita rue de l'Arcade où il eut « une histoire » pour une auto de location qu'il n'avait pas payée, puis rue Pigalle : un barman témoigna : « Quand il habitait un palace, il fallait qu'on lui apporte des macaronis cuisinés dans un restaurant de Montmartre. Il n'y avait que là, disait-il, qu'on savait les faire. Il recevait tous les matins un professeur de culture physique. Il ne payait jamais ses notes, se contentant de les signer : le portier réglait au seul vu de la signature du moins tant que Wall eut de l'argent. C'était un grand fantaisiste ! »

Un soir, en rentrant à Bougival où ils étaient en villégiature, Wall constata que sa maîtresse Constance King et son secrétaire avaient disparu. Envolées aussi deux précieuses valises. Il déposa plainte : les valises contenaient 21.000 dollars et une liasse de titres fort cotés. La police ne tarda pas à retrouver le couple ; une instruction fut ouverte et se termina par un non-lieu en faveur de la jeune fille et de son amant M. Barbat. Les valises, elles, furent retrouvées, mais de dollars point. D'ailleurs le plaignant déclara qu'il n'était pas très sûr de les y avoir mis.

Pourquoi alors ces valises avaient-elles été dérobées ? Arrivé avec 50.000 francs, Wall les avait dissipés en quelques mois et vivait d'emprunts qui parfois n'excédaient pas 20 francs. Il avait mis en gage le manteau de vison et celui d'hermine de son amie et refusait de lui rendre les reconnaissances de dettes enfermées dans ces valises. Mademoiselle King affirma qu'elle espérait trouver aussi des lettres compromettantes pour Wall dont elle avait peur. Le journal l'Humanité s'était demandé si toute cette histoire américaine n'était pas faite pour lancer un film, une danseuse ou une marque de café. L'assassinat de Wall aurait tout de même poussé un peu loin la publicité ! Qui étaient donc vraiment cette mademoiselle King et ce monsieur Barbat ? La jalousie serait-elle à l'origine d'une dispute entre les deux hommes ?

A suivre

 

Françoise D.

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