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Un vision glaçante

Cet après-midi-là, vers 15 heures, Madame Sant en compagnie de sa belle-mère et de sa fille se promenait dans le bois de Saint-Cucufa. Leurs deux chiens s'égaillaient sur le chemin de Rueil. Nul autre promeneur dans le silence de cette journée d'hiver que perfora tout à coup le bruit d'une détonation. Les chiens se mirent à courir en aboyant vers le tournant du chemin. Alors que Mme Sant s'élançait pour les rappeler, elle eut la surprise d'apercevoir le capot d'une voiture qui démarra en trombe dans un nuage de poussière. Les promeneuses, surprises, eurent juste le temps d'entrevoir le conducteur. Elle dira plus tard aux policiers :  «  Tandis qu'il venait vers nous, j'observai que ce chauffeur était un homme de 25 à 30 ans aux cheveux noirs lisses, imberbe, aux traits fins, d'un type latin ; il était tête nue et vêtu de sombre. Je le vis seul dans l'auto lorsqu'il nous croisa mais intriguée par cette détonation, je me retournai après le passage de la voiture et par la glace arrière, j'aperçus la silhouette d'un autre homme dont la tête s'appuyait sur l'épaule du conducteur.  »

ID131_01-GaumontPalaceLes trois passantes se perdirent en conjectures : le conducteur avait-il relevé son compagnon effondré près de lui ? Ce dernier était-il ivre ? Dormait-il ? Mais la détonation, elles étaient pourtant sûres de l'avoir entendue ! Non, elles avaient été trop impressionnées par la guerre implacable que se livraient les gangs dans le film de Sternberg : Nuits de Chicago ! Leur imagination leur jouait des tours. Pourtant, dans la plus grande salle au monde : le Gaumont palace, spectatrices assidues de ce cinéma, depuis peu sonore, elles avaient entendu les coups de revolver de Bull Weed, un des chefs de la pègre, tirant sur son rival et sur la police et c'était bien le même claquement qu'elles venaient d'entendre !

N'ayant plus goût à la promenade, elles rebroussèrent chemin, rencontrèrent un peu plus loin un cantonnier au travail le long de la route et ne purent s' empêcher de lui faire part de la scène :

« Avez-vous remarqué ces deux automobilistes mystérieux ?

-Oui, répondit le cantonnier, et cela m'a semblé tellement bizarre que j'ai noté le numéro d'immatriculation !  »

Il s'avéra que le numéro correspondait à celui de la plaque maquillée du véhicule trouvé à Vincennes.

A suivre

 

Françoise D.

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