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Une mauvaise réputation

Michel P., un veuf de 56 ans, demeure et travaille à Triel où il a exercé les états successifs de limonadier et de tailleur d'habits. Il a la réputation d'un homme violent aux mœurs dissolues. Il a d'ailleurs déjà été condamné pour outrage et rébellion contre la force publique.

Une liaison brûlante

Michel P. a deux nièces par alliance Olympe et Ernestine habitant à Paris. Cette dernière qui, elle aussi, a été condamnée pour « suppression d'enfant » profite souvent d'un moment où elle est seule pour correspondre avec son oncle:

«  Je pense aller à Triel mardi prochain mais pas seule car Olympe veut venir avec moi et je ne peux l'en empêcher. »

Elle signe :

«  Ton amie pour la vie. »


A-t-elle eu entre les mains le cahier d'écolier intitulé par les autorités judiciaires : Pièce de vers obscènes faisant connaître les goûts dépravés du sieur P. où une tenancière de maison close et une jeune pensionnaire évoquent entre autres les habitudes amoureuses des différentes nations ?


« Le Français plus adroit, plus fécond en pensée

N'a pas à cet égard de route bien tracée

Selon l'âge, l'époque et selon les désirs,

Il sait habilement varier les plaisirs. »

Une jalousie exacerbée

Quand Ernestine, sa maîtresse, rompt la liaison, approuvée en cela par sa sœur et publie ses bans de mariage avec un certain M., Michel P. calomnie ce dernier, use d'intimidations, de menaces. Sa jalousie se mue en une haine féroce qui confond les deux sœurs.

Une lâche embuscade

Le 19 août 1869, Michel P. rentre chez lui; armé d'un fusil et d'un pistolet, il se cache derrière sa porte entrouverte et guette l'arrivée des deux nièces.

Une sanglante vengeance

Vers 10 heures du soir, il entend les sœurs monter l'escalier; il tire sur Olympe qui tombe mortellement touchée par un projectile traversant sa poitrine de part en part.

Une poursuite infernale

Un pistolet d'une main, une lumière de l'autre, P. poursuit Ernestine qui s'enfuit en hurlant. Dans son trouble, la jeune femme ne parvient pas à ouvrir la porte de la rue et reçoit en pleine poitrine une balle tirée à bout portant.

La mort n'a pas voulu d'eux

La jeune Ernestine, malgré la gravité de ses blessures, a survécu.

L'oncle assassin a vu sa peine de mort commuée en travaux forcés à perpétuité. Il lègue à Ernestine tous ses biens et écrit dans son testament:

« Je sais que l'esprit est prompt et la chair faible, qu'il faut faire la part de la jeunesse. Dieu seul sait les chagrins que tu m'as faits car je t'aimais comme ma fille véritable ».


Françoise - D'après Archives 2 U 544

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