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1884 – Boussy-Saint-Antoine

 

1974 – Paris

« J’ai aussi beaucoup travaillé sur les bords de la Seine à Chatou, à Bougival, à Andrésy, Poissy et Triel que j’aime particulièrement, avec sa belle église gothique qui se reflète dans la Seine et les hautes collines boisées qui l’entourent ».

 

Comment ne pas mettre en exergue cette citation de Dunoyer de Segonzac sur Triel !

 

Comment ne pas apprécier la teneur des propos d’un artiste ayant rayonné dans toute l’Ile-de-France et dont tant de villes, villages, clochers et rivières ont été immortalisés, sous sa plume légère ou son talentueux coup de pinceau !

 

N’a-t-il pas dit : « J’ai toujours aimé les paysages d’Ile-de-France, leur discrète mesure et leur rare distinction ? »

 

Peintre, aquarelliste, graveur et illustrateur français, né le 6 juillet 1884, à Boussy-Saint- Antoine (Essonne), dans la propriété familiale appartenant à sa grand-mère, André Dunoyer de Segonzac a passé une grande partie de ses vacances à vagabonder dans le grand parc enserrant la maison et la ferme attenante et à s’imprégner, au gré des reflets du soleil, du jeu des feuilles dans les eaux de l’Yerres serpentant dans le domaine. C’est là qu’il a appris à aimer la campagne d’Ile-de-France.

 

Après des études classiques à Paris, où ses parents vivaient, et l’obtention de son baccalauréat, André Dunoyer de Segonzac rejette Saint-Cyr, la voie souhaitée par sa famille, pour se tourner vers la peinture.

 

 

 

Elève de divers ateliers car inapte à se plier aux règles imposées par ses professeurs, vibrant devant les œuvres des anciens et décortiquant leur technique, il acquiert lui aussi une certaine pratique dans l’exécution de natures mortes, de scènes de boxe ou de danse (Dessins des Ballets d’Isadora Duncan) et dès 1908, expose une Etude de Nu et Deux Tartanes au salon d’Automne avec Paul Signac et Maximilien Luce.

 

La même année, il découvre Saint-Tropez et reste fidèle, toute sa vie, à la région et à ses paysages. Il achète en 1925 la maison du peintre Camoin et se lie d’amitié avec sa voisine Colette. Il illustre son recueil de nouvelles La treille muscate, du nom de la demeure de l’écrivain.

 

La déclaration de guerre, en 1914, oblige André Dunoyer de Segonzac à rejoindre le 353e régiment d’infanterie avec le grade de sergent. Puis, il est transféré à la section de camouflage de la 3e armée où il termine la guerre comme sous-lieutenant. Pendant toute cette période, il n’a pas abandonné ses crayons et a laissé de nombreux dessins d’une valeur artistique et documentaire indéniable.

 

Dès 1919, André Dunoyer de Segonzac est un artiste reconnu qui participe à de nombreuses expositions et à des salons en France et à l’étranger. Il découvre la plume et la gravure et se tourne aussi vers les paysages.

 

Le couturier Paul Poiret, son premier amateur, lui ouvre les portes de la renommée en achetant sa toile intitulée Les buveurs.

 

«Les buveurs ont la mystérieuse autorité de ces œuvres qui ne ressemblent à rien de ce que l’on voit autour d’elles et qui cependant se classent d’emblée, comme des jalons, dans la suite harmonieuse de l’histoire de l’art…» écrira Paul Jamot.

 

Bon vivant, d’une gaîté communicative, André Dunoyer de Segonzac possède cependant une certaine allure, une certaine aristocratie.

 

Souvent coiffé d’un chapeau, mélange de paysan et d’artiste, «il ne vise pas à l’intellectualité, il est intelligent.»

 

Indépendant, André Dunoyer de Segonzac rejette toute théorie et tout théoricien. Il suit sa propre nature, son instinct, sa propre vision, attitude contraire à une époque plus tournée vers l’abstraction et un art purement cérébral, mais il se lie cependant aux écrivains et peintres de son temps : Apollinaire, Max Jacob, Colette, Raoul Dufy, Vlaminck…

 

Sincère, fidèle à lui-même, il procède en peinture par empâtements, mais c’est surtout dans ses aquarelles et ses eaux-fortes que son talent éclate. Lentement, en couches successives, «du milieu d’un lacis de traits fins surgissent des silhouettes pleines de décision et de fantaisie», l’artiste, excellent dessinateur, imprime sa vision, sa sobriété chromatique s’exprimant par une palette aux teintes sombres, «spartiates», où dominent principalement les ocres, les terres, les rouges foncés.

 

En 1955, 1958, 1969, peut-être même avant, André Dunoyer de Segonzac est venu planter son chevalet dans notre ville, le plus souvent sur la rive gauche. De là, il pouvait, de son œil affûté, embrasser le paysage, tout comme le chasseur qu’il aime être «embrasse le vaste horizon tout en fouillant les buissons proches.»

 

Il a surtout laissé des dessins et des aquarelles sur Triel, mais n’a-t-on pas dit qu’ «une des plus précieuses qualités de ses aquarelles, si simplement exécutées, c’est une richesse de matière qui fait que le dessin rehaussé, prend l’aspect et l’autorité d’un tableau.»

 

Ses thèmes de prédilection, l’église, le pont, la Seine et ses coteaux font la joie de collectionneurs privés. André Dunoyer de Segonzac a recherché dans la nature les éléments stables et permanents pour donner ce qu’il juge le plus essentiel à une œuvre d’art : la tenue, c'est-à-dire l’homogénéité, l’unité et la force d’un tableau.

 
 

Souvenirs, souvenirs…

 

Peut-être certains anciens Triellois ont-ils aperçu notre homme, assis sur son pliant, bien installé, son pinceau à la main et son panier de pique-nique à ses pieds, tout comme nous l’a croqué le peintre Antoinette Schulte, un jour de 1958 ?

 

Florence PAILLET - Triel, avril 2011

 

 

 

Sources et citations : Dunoyer de Segonzac par Paul Jamot, de Segonzac collection les grands peintres, musée de l’Ile-de-France à Sceaux, musée de Boussy-Saint-Antoine…

 


 

Colette et La treille muscate à Saint-Tropez

 

Les racines toulonnaises de son père et l’amour qu’elle lui portait ont peut-être une part dans les sentiments qu’éprouve Colette pour la Provence. En 1907, lorsqu’elle a 34 ans, une tournée théâtrale la conduit une première fois sur la côte méditerranéenne. Mais ce n’est qu’avec Maurice Goudeket qu’elle découvre Saint-Tropez. Elle vient d’aimer la Bretagne, elle devient méditerranéenne. Le 6 novembre 1925, écrivain et journaliste célèbre, elle achète une petite maison de la baie des Caroubiers dont le terrain est à l’abandon ; elle s’y installe à l’année. Elle la nomme La treille muscate. Dans le jardin qui descend jusqu’à la mer, du raisin muscat prolifère au milieu d’un hectare d’arbres fruitiers, de fleurs et de légumes. Elle veut des légumes, car «un jardin doit nourri». Sa table offre à Kessel, Carco, Dunoyer de Segonzac et bien d’autres melons verts, anchoïade, riz aux favouilles, rascasse farcie et beignets d’aubergine, bouillabaisse, aïoli… De retour à Paris, elle se fait régulièrement envoyer de La treille muscate les fruits et légumes du jardin. Elle y écrit La naissance du jour… Mais la ville perd peu à peu de son charme et de sa tranquillité. Elle revend la maison en 1936.

(Source : http://www.terresdecrivains.com/COLETTE)

 

Paul Jamot (1863-1939)

Il fut peintre, critique d’art et conservateur de musée français. Une salle du musée d’Orsay porte son nom.

Normalien, membre de l'École française d'Athènes (1887), il conduisit les campagnes de fouilles dans le vallon des Muses à Thespies entre 1888 et 1891. Il devint conservateur des musées nationaux, membre de l’Institut, commandeur de la Légion d’honneur, conservateur honoraire du musée du Louvre, directeur du musée de Reims de 1927 à 1939.

(Source : http://fr.wikipedia.org)

 

 

 

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