HÔTEL DE L’IMAGE

Localisation

Historique

Notre région était parcourue par deux routes royales importantes : la n° 13, celle d'en bas, de Paris à Rouen par Saint-Germain, Poissy, Triel, Meulan, Mantes, Vernon. En 1722, sur cette route se trouvaient 14 relais jusqu'à Rouen dont celui de Triel.
L'autre, celle d'en haut, la n°14 par Pontoise, Magny en Vexin.
Pour relier ces deux routes, les messageries Laffite et Cie créèrent un service entre Triel et le Bord Haut de Vigny. Pendant la période révolutionnaire et jusqu'à l'Empire, un relais de secours fut installé à Vigny ; un ancien cavalier réputé Fourmont le dirigeait. Ce relais privé venait au secours de voitures immobilisées sur le mauvais chemin entre Villeneuve Saint Martin et Puiseux et assurait le transport entre Bord Haut et Triel.

En 1722, de Paris à Caen, étaient établis 24 relais de poste dont celui de Triel, de Paris à Rouen, 14 relais (Triel compris).

L'Hostellerie de l'Image (située à l'emplacement du bureau de poste actuel) était très ancienne puisque, dans le registre des baptêmes de 1650 son nom apparaît à l'occasion du baptême du fils du « maître cabaretier à l'Image Saint-Martin ».
M.Clérisse, historien du Mantois, visite en juillet 1917 cette auberge et en fait une description précise. Comme le montrent les cartes postales anciennes, ce bâtiment rompait l'alignement et faisait saillie sur la rue.
Il fallait descendre deux marches pour accéder à la salle dont le sol était composé de dalles de pierre et le plafond assez bas soutenu par des poutres et des solives apparentes. Une énorme table en chêne massif (2,65 m de long, 65 cm de large et 12 cm d'épaisseur) accueillait les convives devant une grande cheminée où étaient disposés des chandeliers de cuivre. Notre visiteur déplore que les trois grandes fenêtres à petits carreaux aient remplacé les fenêtres à guillotine. Dans ces fenêtres, le tenancier disposait des victuailles comme en un garde-manger pour allécher la clientèle. Les caves voûtées étaient nombreuses et accessibles de la salle par un escalier.
Cette auberge en avait supplanté une autre située à l'entrée de Triel en venant de Poissy car la nourriture y était excellente et le vin le meilleur des coteaux de la Seine après celui de Mantes. Pendant le mois de nivôse de l'an VI (décembre 1797), l'aubergiste adjoignit à son commerce de bouche un relais de poste pour le transport des marchandises et des voyageurs. Triel bénéficiait donc d'un deuxième relais. Alors que souvent l'enseigne : « Bon gîte, bon boire » était trompeuse et que parfois les voyageurs descendaient simplement pour se dégourdir les jambes, nous pouvons comprendre que cette auberge était appréciée ; gageons que, certains jours, l'ambiance devait être bonne autour de cette table quand les commensaux avaient subi les cahots dus aux ornières nombreuses, les dangers : la nuit, la lanterne éclairait mal et les obstacles apparaissaient souvent au dernier moment, la conduite des rouliers au milieu de la route et les aléas d'une route où les brigands n'étaient pas rares : une attaque de diligence est d'ailleurs rapportée avoir eu lieu entre Poissy et Triel et tout le monde avait en mémoire la fameuse attaque de la malle-poste de Lyon au cours de laquelle le courrier et deux postillons avaient été assassinés en 1796. Les accidents dus à la maladresse des cochers étaient fréquents : en quittant Saint-Germain pour Rosny, le 27 février 1821, la voiture de la duchesse de Berry versa sur le bas-côté à quelques kilomètres de la grille dite de Poissy ; la duchesse et les trois dames de sa suite sortirent indemnes de cette mésaventure

Les maîtres étaient dotés de privilèges, en particulier l'exemption de la taille sous l'Ancien Régime. Avant 1673, ils achetaient leur charge, ensuite ils furent nommés par le roi : le monopole d'Etat prenait forme avec la Ferme Royale.
On a quelques noms de maîtres de poste à Triel : en 1809, Nicolas Blouin, en 1818 Jacques Tallin, en 1837 Delaunay.
Le maître de poste se doublait souvent d'un fermier : il disposait ainsi de grain, de fourrage et utilisait le fumier des écuries comme engrais. Ce fut le cas de M. Vallin, maître de poste à Triel, employant 6 postillons, fermier de la ferme du château de Verneuil depuis 1780.
Françoise DESMONTS – extrait de l’article Poste aux lettres – Poste aux chevaux – Bureau de poste.


TMH – novembre 2015